Já que nascemos

Já que nascemos

un film de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana

sortie nationale
4 février 2009

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Montage son et mixage

Au cours du film, les différentes personnes que Jean-Pierre et Andréa ont rencontrées, nous parlent de leur vie, de leurs rêves. Ils nous donnent une idée concrète de leur situation avec leurs mots, leurs voix et leurs corps. A partir des rushs, le récit a été mis en ordre pendant le montage. Une fois le montage abouti, le travail du son a commencé. J'ai cherché à reconstituer les ambiances sonores des différents lieux afin de plonger le spectateur dans une plus grande réalité, et de le rapprocher des personnes filmées.

La première étape de mon travail a donc été de me faire une idée du décor sonore de chaque endroit filmé. A partir de l'écoute des rushs et des souvenirs de tournage de Jean-Pierre et Andréa, j'ai pu rassembler une grande quantité de sons avec des plans sonores et des timbres très variés. Chaque son a été écouté, annoté et classé. J'ai alors eu à disposition une matière sonore riche : la station service avec les mécaniciens qui travaillent, les voyageurs en groupe ou seuls, les vendeurs en tout genre, des bouffées de musique; le camp des sans terres, avec la route omniprésente, les quelques animaux, les cris d'enfants etc.
La réalité sonore des lieux a été fragmentée par le tournage (on ne tourne que quelques minutes à la fois) et le montage (seule une petite partie de ce qui est tourné est monté). La matière sonore que j'ai accumulée m'a permis de recréer presque pièce par pièce cette réalité et d'y plonger le spectateur. J'ai choisi les évènements sonores en fonction de leurs caractéristiques de proximité, de timbre et de durée, et je les ai disposés sur chaque séquence du film soit en les raccrochant à ce qu'on voit, soit pour créer un climat particulier. Chacun d'eux doit prendre une place naturelle dans le déroulement du film. Ces sons qui jaillissent maintiennent la curiosité du spectateur éveillée, et attirent son attention sur certains détails qui auraient pu lui échapper. Le film gagne alors en ampleur et en profondeur. Cependant il faut hiérarchiser les différentes informations que l'on veut donner. Les sons que j'ajoute ne doivent pas perturber le discours principal du film mais au contraire, l'aider.
Les séquences d'ouverture du film sont emblématiques de ce travail. Le son des camions était beaucoup plus fort que les voix des enfants, donc dans le son direct, ils prenaient trop de place et les enfants disparaissaient. J'ai donc rajouté des cris et des rires d'enfants dès les premières image pour leur donner la présence dont le film avait besoin. Ensuite dans la station service, le décor sonore mis en place est constitué d'une multitude de détails qui émergent, proches ou lointains, humains ou mécaniques, tous ces sons que l'on identifie à chaque instant donnent beaucoup d'informations sur le lieu et évitent de longs discours explicatifs. Le spectateur ressent l'activité bourdonnante qui règne dans cet endroit.

Le travail a bien évidemment été fait en collaboration avec Jean-Pierre et Andréa, et le film s'est enrichi à chaque séance de travail. Nous avons pris le temps nécessaire pour extraire le meilleur des sons du tournage. La partition sonore que nous avons créée a joué sur le rythme global du film, et a entraîné des changements de montage qui ont donné sa structure définitive au film.

Roman Dymny - Monteur Son et Mixeur.