Já que nascemos

Já que nascemos

un film de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana

sortie nationale
4 février 2009

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LE RÊVE DE SÃO PAULO

Un film de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana
Photographies de Tiago Santana

Brésil, 2004, 100 minutes
Vidéo - 4/3 - Couleur

  



Le Brésil est un grand pays de l’intérieur, corps immense dont les plages de sable n’en seraient que les lèvres.
La plupart du temps, nous n’en connaissons que les lèvres.

 

Synopsis

Depuis des dizaines d’années, mus par un violent désir de vivre, les paysans du Nordeste ont émigré vers São Paulo, ville mirage d’un rêve essentiel à chaque pauvre de la terre : manger, nourrir sa famille, être reconnu comme quelqu’un.

Il y a 50 ans, ce rêve a été celui d‚un enfant devenu célèbre, Luis Inácio da Silva, dit Lula, Président du Brésil depuis le 1er janvier 2003.

A notre tour, nous avons traversé avec José, 18 ans, les 3000 km de route, qui séparent son village de São Paulo, cette immense lanterne magique qui contient dans son ventre de baleine, plus de 8 millions de nordestins. Son rêve, et les rêves de tous ceux que nous avons croisés sur la route, sont la matière du film, son ossature, son cœur. Devant le chaos dans lequel ils vivent, l’unique don de l’avenir est ce désir de vie.

 
La destinée

Casseurs de pierres, pêcheurs de crabes, enfants des bords de route, camelots, ramasseurs de poubelles, paysans exilés dans des usines atones, tous ces personnages croisés sur la route ou à la ville ne restent pas immobiles devant la fatalité, la faim presque quotidienne ou l’infatigable mauvais sort jeté que personne ne viendrait délier.

Ils n’arrêtent pas de réfléchir à une façon de survivre mieux, ils calculent chaque situation et se saisissent de chaque aspérité qui leur permettrait de grimper un tant soit peu et de se glisser dans chaque interstice de la vie.

Tant que le rêve court, tant que l’on court après le rêve.

Au Brésil, plus de 52 millions de personnes vivent avec moins de 2 euros par jour.

Vivre malgré l’indignité, le rêve le permet parfois ; et particulièrement, la force de croire que l’on pourra retourner un jour vers le pays de l’enfance, là où on est né, et dont la mémoire garde quelques moments d’illumination.

 
Carnet de voyage

Il y eut un soir, il y eut un matin.

Au Nordeste du Brésil, on a le sentiment du premier jour de la création du monde, dans ce paysage immense et aride, où l’on boit le ciel, où l’on pourrait le toucher. Le Sertão est de la taille du monde. Plus de 800000 km2 où survivent plusieurs millions d’habitants. Chacun d‚eux depuis sa naissance y a connu la faim : une terre d’où l’on s’exile.

C’est un film sans voix off, sans commentaire. Les pauvres ne sont pas concernés par les commentaires, ils racontent leurs propres histoires avec véhémence, force et grandeur de vue, de vie.

Il suffit de s’approcher, de les écouter, dire qui on est, pourquoi on est là.

Ce dont ils souffrent le plus, c’est de n’être pas vus, pas regardés, pas entendus ; n’être rien aux yeux des autres, n’être qu’une ombre en transparence, est la pire des injustices, au nu de la douleur qu’on tait.


Filmer des gens qui ont peu (ceci entendu du côté matériel), c’est aller vers une relation de confiance intime qui nécessite du temps. Ils font partie d’une population presque captive, (leur choix possible devant la vie est si mince), il faut prendre le temps de regarder leurs visages, d’être touché par leur voix pour comprendre le regard qu’ils portent sur leur propre condition, ce qu’ils font de cette compréhension de la vie et en quoi elle leur sert à résister à tout ce qui pourrait les faire déchoir. Faire un film avec eux, c’est s’agrandir de l’expérience et de la parole de chacun, dans une connaissance partagée du « métier de vivre ».  Leur expérience vaut la nôtre et nous avons beaucoup à apprendre d’eux.

 
Notre monde

Ils ont peu, donc ce peu est beaucoup pour eux.

Mais ils peuvent aussi tout perdre d’un seul coup, puisqu’ils ont peu, et ne plus se relever.

Si ce monde continue tel qu’il est, bientôt on ne pourra plus filmer ce que nous avons filmé. Nous aurons trop honte, même de notre regard bienveillant et intègre (autant que se peut), sur eux. Pour cette raison, nous avons tenté de raconter nos personnages pour qu’ils deviennent comme des personnes de notre vie, et que les photos noir et blanc égrenées tout au long du film soient comme notre album de famille commun à parcourir ensemble. Les photos sont l‚esprit, en plus de ce qui est dit, où flotte l’âme de ceux qui n’arrêtent pas d’espérer.

Nous sommes tous de ce monde.

Jean-Pierre Duret et Andrea Santana
 


 


galerie  photos

 


 

Documents téléchargeables

Parcours du film : festivals, projections, diffusion télé (PDF, 258 Kio)

Revue de presse (PDF, 6.6 Mio)

 

Les deux films (Romances de terre et d'eau et Le rêve de  São Paulo) sont édités en un DVD duo par les éditions Montparnasse.
Pour commander le DVD : www.editionsmontparnasse.fr